Lauréats 2017

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Clémence SCHANTZ

Comprendre la pratique de la césarienne en France à travers ses déterminants sociodémographiques

Sage-femme et docteure en sociologie, Clémence Schantz effectue une recherche sur les déterminants sociodémographiques de la césarienne en France – qui se situait à 20% en 2016 dans notre pays.

L’augmentation du taux de césarienne depuis les années 1980 est le fruit de facteurs divers : l’offre médicale, l’émergence d’une demande par les femmes elles-mêmes, l’influence des médias, l’organisation du système de soins, l’élévation de l’âge moyen des accouchées… Mais elle reste en partie mal comprise.

Chercheure au Ceped (Centre population et développement, unité mixte université Paris-Descartes/IRD), Clémence Schantz souhaite comprendre les facteurs socioculturels, démographiques, épidémiologiques et obstétricaux en jeu dans la pratique de la césarienne. Elle se fixe ensuite pour objectif d’informer les responsables de services et les responsables politiques des résultats de sa recherche, afin de faciliter des interventions auprès des professionnels de santé.

Elle conduira ses travaux dans trois maternités : l’Institut Mutualiste de Montsouris à Paris, l’hôpital intercommunal de Poissy et la maternité de Sallanches, en Haute-Savoie. Elle sera aidée par plusieurs étudiantes de l’école de sages-femmes de l’hôpital Foch.

La méthodologie retenue est mixte : à la fois quantitative et qualitative. Les entretiens semi-directifs sont réalisés auprès des soignants (sages-femmes et gynécologues obstétriciens) et auprès des femmes ; ce volet sera complété de questionnaires soumis aux femmes enceintes, puis accouchées (mise en place d'une cohorte). Le 15 décembre 2017, un colloque international réunissant des chercheurs en sciences médicales et en sciences sociales permettra de présenter les premiers résultats de cette étude.

Géraldine MEUNIER

Position maternelle à l’accouchement : déterminants et impact sur les issues périnatales à partir des données de l’enquête nationale périnatale 2016

Dans le cadre de son Master 2 de Santé Publique à l’Inserm, la sage-femme Géraldine Meunier s’intéresse aux déterminants et à l’impact sur les issues périnatales de la position maternelle à l’accouchement.

Le décubitus dorsal – la femme étant allongée sur le dos en position horizontale – reste très largement utilisé en France comme ailleurs, même s’il est de plus en plus remis en cause au profit de positions alternatives, verticales et latérales. Dans le monde, certaines sociétés savantes, comme le Collège américain des obstétriciens et des gynécologues, se prononcent d’ailleurs en faveur de ces dernières. En France, des recommandations relatives à l’accouchement physiologique sont en cours de rédaction par la Haute Autorité de Santé, mais ses conclusions ne sont pas encore connues. En outre, les études réalisées à ce jour ne permettent pas de trancher clairement, du point de vue médical (hémorragie du post-partum, épisiotomie, extractions instrumentales…), en faveur de telle ou telle position, notamment chez les femmes sous péridurale – qui représentent plus de 75% des accouchements dans notre pays.

Pour pallier le manque de données sur l’effet de la position d’accouchement, Géraldine Meunier se donne un double objectif : identifier les caractéristiques maternelles (âge, parité, nationalité…), obstétriques (terme, modalités de début du travail…) et des maternités (type d’établissement…) associées à la position adoptée au début de l’accouchement et étudier l’impact de la position maternelle sur les issues maternelles et néonatales. Les deux hypothèses qu’elle souhaite éprouver sont, d’une part, que le choix de la position relève davantage de la maternité que de la femme, et d’autre part, que cette position pourrait avoir des conséquences sur le devenir maternel et néonatal.