Lauréats

Margot VIOLON

Principe de référence dans les crèches

Tout en travaillant comme psychologue clinicienne à mi-temps dans le Loiret, Margot Violon étudie depuis deux ans les relations entre les professionnelles des crèches et les enfants, et a publié plusieurs articles à ce sujet. Dans le cadre de sa thèse à l’université Paris-Descartes, elle s’intéresse en particulier au principe de la référence – la désignation d’un adulte comme interlocuteur premier de l’enfant, identifié comme tel et réputé stable et disponible – essentiel à un "accueil collectif individualisé". Un terrain encore vierge : "A ce jour, aucune étude scientifique n’a été réalisée autour des modalités d’application de la référence, de ses effets pour l’enfant et pour la relation enfant-professionnel". Or 13 % des enfants français de moins de trois ans sont accueillis dans des structures collectives – un chiffre en constante augmentation.

 

En pratique, les crèches font du principe de référence une application très variable, certaines le restreignant à la phase d’adaptation, d’autres le prolongeant jusqu’à la grande section. Le premier objectif de la recherche menée par Margot Violon est donc de dresser un tableau descriptif de la référence dans les crèches collectives françaises. La jeune femme souhaite ensuite "préciser les avantages et inconvénients d’une telle pratique pour le développement de l’enfant – ainsi que ses compétences sociales et émotionnelles – et les relations enfant-professionnel".

 

Ces questions revêtent d’autant plus d’acuité que les crèches appliquent de moins en moins le principe de la référence. En cause, un turn-over croissant des professionnelles, allié à la réduction du temps de travail, et la crainte d’un lien trop fort entre professionnelle et enfant. Les études scientifiques, quant à elles, confirment l’importance des adultes référents. Raison de plus pour essayer d’y voir clair.