Entretien avec Laure KPEA

Laure KPEA

27 décembre, 2012

Diplômée sage-femme en 2009, j’exerce comme sage-femme à la maternité de l’hôpital Trousseau, à Paris. Parallèlement, j’effectue un Master 2 d’épidémiologie à l’universitéParis VI.
 
 
 
La péridurale : une technique dominante
 
Notre pays est un de ceux où l’analgésie péridurale est la plus élevée au monde, avec un taux de 77,8 % en 2010. Or de plus en plus de couples expriment le souhait d’accoucher de manière naturelle. Plusieurs méthodes non médicamenteuses ont d’ailleurs fait la preuve de leur efficacité : acupuncture, relaxation, immersion aquatique. Mais on ignore si les femmes qui en ont bénéficié – et dans quelles proportions – présentent un profil médical ou sociodémographique différent de celles ayant bénéficié de la méthode de référence.L’aspect technique de la péridurale est en effet le seul à avoir été étudié en détail. On ignore également quel est l’écart entre le souhait d’origine et la méthode analgésique employée : l’état de l’offre et la demande, en quelque sorte. On sait simplement que cet écart est significatif. Enfin, on ignore les motifs d’un tel décalage. Sont-ils d’ordre médical ou liés à l’organisation du service, au statut ou à la taille de la maternité, aux caractéristiques personnelles des femmes ?
 
 
 
L’accompagnement de la naissance
 
Pour répondre à ces questions, je m’appuierai sur l’analyse des données de l’Enquête périnatale de 2010, et plus précisément un échantillon de 14 694 femmes représentatif de l’ensemble des naissances en France. In fine, mon objectif est de continuer à accompagner les femmes et à répondre à leurs attentes, en évitant une médicalisation à outrance de cet acte physiologique qu’est l’accouchement. Et notamment, de comprendre quel rôle joue le contexte actuel de fermeture des petites maternités de proximité, au profit des grosses structures,dans le déroulement des naissances en France.

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