Entretien avec Jean-Vital DE MONLEON

Jean-Vital DE MONLEON

09 décembre, 2011

J’exerce le métier dont je rêve depuis l’âge de cinq ans, celui de pédiatre. Depuis un premier séjour pour mon internat de médecine à la Réunion, en 1995, mon amour de l’outre-mer ne m’a plus quitté.
 
J’ai effectué plusieurs séjours en Polynésie dans le cadre de recherches en anthropologie, j’y ai également adopté trois enfants, sur les cinq que compte la famille.
 
Consultation d’Adoption Outre-mer
 
En 1998, j’ai commencé à travailler au CHU de Dijon. L’année suivante, j’y ai fondé la Consultation d’Adoption Outre-mer, aujourd’hui la première de ce type en France et même en Europe (avec 700 consultations par an) et la deuxième par l’ancienneté, derrière celle Jean-Jacques Choulot à Pau. En tout, mon service a accompagné l’adoption de 2100 enfants.
 
On peut distinguer trois types de consultations. Avant l’adoption, avec des conseils généraux aux couples. A l’arrivée de l’enfant, pour les bilans médical, psychologique et de prévention : faciliter l’intégration sociale des petits, éviter, parfois, des maladresses parentales… Enfin, après l’adoption, à distance, en cas de difficultés qu’on suppose associées à l’adoption. Car une fois que l’enfant arrive, ce n’est pas la fin de l’histoire comme se l’imaginent parfois les parents adoptants, c’est au contraire le tout début !
 
Approche anthropologique
 
En 2000, grâce à la Bourse de Recherche de la Fondation Mustela, j’ai pu achever ma recherche en anthropologie sur l’adoption d’enfants polynésiens par des foyers métropolitains, grâce à une étude de terrain indispensable. Sans cette thèse, je ne suis pas sûre que ma consultation aurait remporté un tel succès, car cette recherche – ma plus importante étude anthropologique – m’a considérablement ouvert l’esprit.
 
Membre du Conseil Supérieur de l’Adoption, j’ai notamment publié Les deux mamans de Petirou (Gautier-Languereau, 2001) et Naître là-bas, grandir ici (Belin, 2003).

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