Entretien avec Elodie PANACCIONE

Elodie PANACCIONE

09 décembre, 2011

En 2006, j’ai travaillé au service d’accueil-écoute-orientation de l'association Lafayette Accueil, à Paris, où j’ai constaté la venue croissante de femmes enceintes sans domicile fixe (SDF) qui ne disposaient d'aucun interlocuteur social et ne bénéficiaient souvent que d’un suivi médical discontinu.
 
J’ai suivi plusieurs d’entre elles et ai ainsi été confrontée à de nouveaux questionnements sur les enjeux psychiques et socioculturels de ces grossesses. Je suis aujourd’hui intervenante sociale au service d’aide au logement temporaire de cette même association.
 
Accompagner de futures mères SDF
 
Les professionnels du secteur social et médical s’interrogeaient souvent sur le faible investissement apparent de ces femmes dans leur grossesse. Il m’a semblé nécessaire de réfléchir à cette question afin de définir, à terme, de nouvelles perspectives préventives et thérapeutiques.
 
Dans le cadre de mon doctorat Psychologie clinique parcours transculturel à l’université Paris V, j’ai étudié l’évolution des représentations maternelle chez des femmes africaines SDF. A terme, mon objectif est de leur proposer un soutien pré- et post-natal adapté afin de prévenir des conséquences préjudiciables sur les interactions mère-enfant et, au-delà, le développement psychique de l’enfant.
 
Vers de nouvelles recherches en Afrique
 
Pour cette recherche, je suis allé voir des femmes d’origine africaine afin de mieux cerner les représentations socioculturelles de l’enfant durant la grossesse et les premières années de l’enfant. Suite à une étude prospective chez les Bamileke de l’Ouest du Cameroun, j’ai amorcé un travail d’observation mère-bébé dans une pouponnière au Sénégal. J’ai ensuite initié une recherche-action dans ce pays sur l’impact de l’environnement socio-affectif et culturel sur le développement psychomoteur de l’enfant souffrant de malnutrition.
 
 

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