Entretien avec Aude BUIL

Aude BUIL

26 janvier, 2015

Mon projet de recherche est né des observations des difficultés relationnelles entre mères et nouveau-nés prématurés en service de médecine néonatale et en centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP).
 
Il vise à améliorer l’accompagnement de la prématurité en amont, dès l’hospitalisation néonatale – une situation de plus en plus courante, puisque la prévalence de la prématurité atteint 7,4 % des naissances en France.
 
Du « peau à peau vertical »…
 
Avec la prématurité, les séances de « peau à peau » deviennent une pratique courante. Aussi appelée « soins kangourou », l’installation privilégiée est « verticale » : le bébé est installé sur le ventre, entre les deux seins de sa mère, elle-même assise dans un fauteuil. Elle présente trois inconvénients : interactions visuelles limitées, nécessité pour la mère de maintenir la posture de l’enfant et posture du nouveau-né sur sa mère, non optimum, au niveau psychomoteur.
 
... à la « flexion diagonale soutenue »
 
Au service de médecine néonatale du Centre hospitalier Sud francilien, j’ai effectué en 2013 une étude observationnelle sur cette position majoritaire et l’ai comparée à une position alternative, que j’ai créée et baptisée « flexion diagonale soutenue » (FDS). Le bébé se trouve en position semi-verticale, semi-allongée, sur la poitrine de sa mère, ce qui facilite les interactions visuelles. Le recours à une écharpe de portage extensible, nouée en bandoulière sur l’épaule, libère la mère du souci de bien tenir son enfant. Enfin, la position du nouveau-né est adaptée pour éviter le phénomène de « grenouille écrasée ». J’ai ainsi pu constater que la FDS est une technique innovante, non coûteuse et facile à mettre en œuvre au quotidien.
 
À moyen terme
 
M’appuyant sur cette étude pilote, je souhaite, dans le cadre de ma thèse, élargir mon étude aux conséquences à moyen terme du recours à la FDS en médecine néonatale, c’est-à-dire jusqu’aux trois mois de l’enfant. Pour cela, je conduis une étude multicentrique dans deux hôpitaux situés en France et en Suisse, dans un premier temps. Enfin, un volet de ma thèse portera sur les représentations psychosociales du peau à peau chez les soignants et les parents.

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