Lauréats

Anne-Sophie GIRAUD

Bourses de Recherche - 2014

Devenir "humain", engendrement et parenté : les statuts de l’embryon et du fœtus aux confins de la conception et de la naissance

Étudiante à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Marseille, Anne-Sophie Giraud consacre sa thèse, sous la direction d’Irène Théry, au sujet suivant : "Devenir "humain", engendrement et parenté : les statuts de l’embryon et du fœtus aux confins de la conception et de la naissance". D’importantes mutations dans le statut et les représentations du fœtus et de l’embryon se produisent en effet "au croisement de deux phénomènes majeurs : les métamorphoses de la parenté et le développement de nouvelles technologies de la reproduction", explique la jeune femme. Pour mieux les décrire, Anne-Sophie Giraud s’appuie sur deux expériences humaines : le deuil périnatal et l’assistance médicale à la procréation (AMP). Elle a en effet consacré son Master 2 aux transformations du vécu parental de la mort périnatale depuis les années 1980. Elle rappelle, pour illustrer ces changements, que les fœtus morts de 22 à 14 semaines d’aménorrhée – date limite légale de l’avortement en France – peuvent désormais être inscrits sur les registres d’état civil et les livrets de famille. Anne-Sophie Giraud exploite également une soixantaine d’entretiens réalisés avec des professionnels de l’AMP, ainsi que 14 entretiens et près de 1400 questionnaires distribués à des patient(e)s. La méthode d’analyse de cette jeune anthropologue est dite "relationnelle" : le fœtus et l’embryon acquièrent une existence selon qu’ils sont "socialement institués à travers un ensemble de statuts relationnels, en particulier ceux qui les placent (ou non) dans le système de parenté". De fait, aujourd’hui, fœtus et embryon oscillent entre les statuts de matériau organique et d’enfant potentiel et questionnent ainsi "l’alternative juridique classique entre choses et personnes". Appartiennent-ils à la première ou la seconde catégorie ? Il s’agit, en réalité – c’est l’hypothèse d’Anne-Sophie Giraud – des "deux pôles d’un même grand dilemme engageant non pas l’embryon et le fœtus "isolés", mais bien la (les) relation(s) que d’autres personnes peuvent ou pourraient entretenir avec eux". Cette thèse doit donc "contribuer à la compréhension globale, à la fois des transformations contemporaines de l’engendrement d’un enfant, et des métamorphoses actuelles de la filiation".

Les publications de Anne-Sophie GIRAUD

01 janvier 2014

Le corps embryonnaire et fœtal dans une approche relationnelle

Cet article plaide en faveur d’une approche ethnographique relationnelle de l’être prénatal et de son corps, éloignée de sa conception comme pure entité biologique jusque-là privilégiée pa... En savoir plus

01 janvier 2014

L’embryon humain en AMP, éléments pour une approche relationnelle

L’embryon en AMP est toujours pris dans des réseaux relationnels : à des professionnels qui ont, du fait de leur statut, le pouvoir de sélectionner, détruire ou conserver cet embryon ; et bie... En savoir plus