Lauréats

Agnès SEGURA

Bourses de Recherche - 2016

"Devenir enceinte" après une IIG

Etudiante en psychologie, Agnès Segura consacre sa thèse au « devenir enceinte » après une interruption involontaire de grossesse (IIG) : quel est son impact sur l’image du corps féminin et la dynamique psychique de la grossesse ? Comment l’IIG influence-t-elle les représentations maternelles et paternelles durant la grossesse ? Des questions importantes pour le vécu ultérieur des femmes concernées, de leurs couples puis de leurs familles, puisque les représentations parentales influent largement sur les interactions précoces.

 

Or les fausses couches, de par leur fréquence – 12 à 24 % des grossesses sont ainsi interrompues prématurément – sont souvent considérées comme un non-événement. Mais ce postulat est sans doute erroné. En effet, dans le cadre de son Mémoire 2, Agnès Segura a déjà éprouvé la validité de son hypothèse principale : les fausses couches ont bel et bien un impact sur l’image du corps de la femme, l’équilibre du couple et les enfants déjà présents au foyer. Sans expression symbolique de de ces souffrances, a-t-elle constaté, "des points de fixation peuvent apparaître et contaminer une nouvelle grossesse". Les professionnels de santé ont donc un rôle à jouer : "L’intervention précoce et l’écoute attentive des difficultés que peuvent rencontrer les couples dans leur projet d’enfant permettent une diminution des troubles psychiques ultérieurs", estime la jeune femme.

 

Pour mieux comprendre les troubles liés à une IIG, la jeune femme a élaboré un protocole de recherche en sélectionnant des outils d’évaluation psychologique (Rorschach, échelle de Brazelton, jeu trilogique de Lausanne, tests projectifs…) et en constituant un réseau de femmes volontaires par le biais du réseau des sages-femmes de Bourgogne-Franche-Comté.