Lauréats 2014

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Anne DUBOS

Vécu des mères et de leur entourage à l’occasion d’un retour précoce à domicile après la naissance d’un enfant

Sage-femme enseignante à l’institut Gernez Rieux, dans le Nord, Anne Dubos consacre son doctorat au "vécu des mères et de leur entourage à l’occasion d’un retour précoce à domicile après la naissance d’un enfant" sous la direction de Bernadette Tillard, professeur des universités à l’Institut de sociologie et d’anthropologie de Lille-1. Alors que la tendance actuelle est à la réduction du séjour en suites de couches, Anne Dubos constate que l’entourage, autrefois très présent auprès de l’accouchée, n’est souvent plus en situation d’apporter une aide significative. Les accouchées peuvent donc se sentir très isolées à leur retour à domicile, ayant quitté le service aux deuxième ou troisième jours, fatiguées, au moment de la montée de lait, éventuellement dans une phase de baby-blues… Au point que Myriam Szejer peut écrire, dans La naissance. Histoire, cultures et pratiques d’aujourd’hui (Albin Michel, 2010) que "jamais une société humaine n’a laissé les accouchées aussi seules". Pour mener à bien sa recherche, Anne Dubos collabore étroitement avec la maternité de Roubaix, qui a mis en place un dispositif de retour précoce dès 2008, avec un suivi à domicile par une sage-femme libérale. Procédant par entretiens et observations des femmes à quelques jours puis à distance de l’accouchement, elle cherche à répondre aux questions suivantes : quels sont les avantages et les inconvénients du retour précoce tels que perçus par les familles ? Quel est le suivi dont elles bénéficient ? Quelle part de soutien aux parents est-elle apportée par le dispositif, et quelle part assurée par l’entourage ? Sa thèse permettra donc de mieux connaître le point de vue des usagers de la maternité de Roubaix et par conséquent, d’adapter le dispositif du retour précoce à domicile.

Céline PUILL

Enquête sur l’accouchement à domicile (AAD)

Sage-femme à la maternité des Bluets, à Paris, Céline Puill effectue une "enquête sur l’accouchement à domicile (AAD)" dans le cadre de son Master 2 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) sous la direction de Geneviève Pruvost, chargée de recherche au CNRS à l’Institut Marcel Mauss. À l’heure actuelle, en France, 1 à 2 % des parents seulement optent pour l’accouchement à domicile (AAD), autrefois la norme. Quoique minoritaire, explique la jeune chercheuse, "cette pratique interroge le modèle dominant de la naissance en France, la séparation entre physiologie et pathologie". D’ailleurs, des patients et des professionnels en nombre croissant s’interrogent sur la médicalisation de la naissance, quelquefois qualifiée de "surmédicalisation", rejoints par l’Organisation mondiale de la santé, qui déplore, entre autres, le recours trop fréquent aux césariennes. Céline Puill souhaite à la fois améliorer les connaissances sur les professionnels et les usagers qui choisissent l’AAD et proposer un point de vue renouvelé – parce que hors normes – sur la médicalisation de la naissance. Pour cela, elle réalise "une analyse ethnographique des pratiques" à l’œuvre dans l’accouchement à domicile, servie par sa double compétence d’étudiante en sciences sociales et de sage-femme confirmée, en lien avec un cabinet de sages-femmes libérales pratiquant l’ADD en région parisienne.