Lauréats 2012

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Laure KPEA

Prise en charge de la douleur pendant le travail et l’accouchement en France

Sage-femme à la maternité de l’hôpital Trousseau, à Paris, Laure Kpea a reçu une Bourse de Recherche de 5 000 euros pour la recherche effectuée dans le cadre du Master 2 d’épidémiologie à l’université Paris VI, réalisée sous la direction de Béatrice Blondel, directrice de recherche à l’unité de recherche Inserm 953 (maternité de Port-Royal). Laure Kpea poursuit un triple objectif : décrire les différentes méthodes utilisées pour prendre en charge la douleur au cours du travail et de l’accouchement en France ; comparer les caractéristiques sociodémographiques et médicales des parturientes en fonction de leur désir initial puis, les comparer selon la réalité de la méthode utilisée ; étudier les écarts entre les méthodes souhaitées par les femmes avant le début du travail et les méthodes réellement utilisées et rechercher les facteurs associés à ces écarts. Le recours à l’analgésie péridurale est devenu le modèle de référence en France, avec un taux de 77,8% en 2010, parmi les plus élevés au monde. Mais le souhait d’accoucher de manière naturelle représente un souhait de plus en plus souvent exprimé par les couples. Plusieurs méthodes non médicamenteuses ont fait la preuve de leur efficacité : acupuncture, relaxation, immersion aquatique. Mais on ignore quelle proportion de femmes souhaitent et ont accès à ces méthodes durant l’accouchement, et si ces femmes ont un profil médical ou sociodémographique différent de celles ayant bénéficié de la méthode de référence. On n’a encore jamais mesuré non plus l’écart entre la méthode souhaitée et celle suivie. Toutefois, note Laure Kpea, "des résultats préliminaires indiquent un décalage entre les attentes et la réalité ; par exemple 20 % des femmes ne souhaitaient rien mais, parmi elles, près de la moitié ont eu une péridurale." Il s’agit enfin de comprendre les raisons d’un tel décalage. Sont-elles d’ordre médical ou liées à l’organisation du service, au statut ou à la taille de la maternité, ou encore aux caractéristiques personnelles des femmes ? Telles sont les questions auxquelles Laure KPEA entend répondre grâce à l’analyse des données de l’Enquête périnatale de 2010, fondées sur un échantillon de 14 694 femmes représentatif de l’ensemble des naissances en France.

Christine MORIN

Impact d’une stratégie de dépistage de la trisomie 21 délivrant un rendu de risque en un délai court, sur l’anxiété et l’inquiétude des femmes enceintes : enquête d’observation

Sage-femme enseignante à l’école de Bordeaux, Christine Morin est doctorante en épidémiologie. Elle a reçu une Bourse de Recherche de 5000 euros pour sa thèse, en cours, sous la co-direction du Pr Christophe Vayssière, obstétricien au CHU de Toulouse, et du Dr Catherine Arnaud, directeur de recherche en épidémiologie et responsable de l’unité mixte 1027 Inserm–université Toulouse III, "épidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps". Son objectif de recherche est "d’optimiser la prise en charge que les sages-femmes et autres professionnels de santé proposent aux femmes enceintes dans le cadre du dépistage de la trisomie 21". En effet, il existe très peu d’études sur le retentissement psychologique de ce dépistage chez les futures mères. Or depuis 1997, toute femme enceinte, quel que soit son âge, est informée de la possibilité de recourir gratuitement à un dépistage permettant d’évaluer le risque de trisomie 21 pour l’enfant à naître. Avec une incidence naturelle de 1/800, soit 1,3 sur 1000 naissances, la trisomie 21 (ou syndrome de Down) est la cause la plus fréquente de retard mental. Christine Morin souligne qu’en moyenne, à l’heure actuelle, le délai d’attente entre le dépistage et le rendu du résultat, lorsque le risque est faible (soit inférieur à 1/250) varie de dix à quinze jours. Or aucune étude n’a mesuré l’impact d’une telle attente sur l’anxiété ou l’inquiétude de la femme enceinte. Christine Morin profitera donc de la mise en place, dans une grande maternité de niveau 3, d’une nouvelle stratégie de dépistage permettant la restitution des résultats dans la journée, pour comparer les deux situations : délai court et délai long. Son hypothèse est que le délai long est plus anxiogène que le délai court chez les femmes à risque. Elle prévoit de la valider en suivant un groupe de 1260 patientes en 18 mois d’enquête. Parallèlement, Christine Morin évaluera la qualité de l’information délivrée aux femmes, notamment la pertinence d’un document de référence rédigé en 2012 sur le dépistage individuel de la trisomie 21.