Lauréats 2013

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Anaïs LEROY

Petite enfance et multi-handicap, compétences relationnelles et appétence de l’enfant à interagir avec l’adulte et avec des pairs

Étudiante à l’UFR de psychologie de l’université de Rouen, Anaïs Leroy consacre sa thèse au sujet suivant : "Petite enfance et multi-handicap, compétences relationnelles et appétence de l’enfant à interagir avec l’adulte et avec des pairs". L’objectif de son travail est de comprendre, chez les enfants de 0 à 6 ans atteints de déficiences multiples, "ce qui peut favoriser ou entraver le déploiement des compétences interactionnelles". Elle souhaite aussi évaluer si la multiplication des professionnels auprès de ces enfants a des conséquences sur leurs capacités et leur désir d’interagir avec des adultes et avec des pairs d’âge. La pertinence de cette présence professionnelle constitue en effet une préoccupation importante pour les équipes de soins et d’éducation, notamment au CAMPS (centre d’action médico-sociale précoce) de Rouen. Pour réaliser sa thèse, Anaïs Leroy s’appuie sur l’expertise des parents et des professionnels, ainsi que sur l’observation de six enfants fréquentant le CAMPS de Rouen. Dans ses observations, elle attache une importance particulière aux liens entre enfants. L’expertise Inserm "Handicap rare" de 2012 souligne en effet que les professionnels et les dispositifs d’aide proposés en France se centrent trop sur la mère de l’enfant, laissant dans l’ombre son père, mais aussi ses frères et sœurs. In fine, c’est à une meilleure inclusion dans le milieu ordinaire de ces enfants handicapés – puis des adultes qu’ils deviendront – que la thèse d’Anaïs Leroy doit contribuer.

Fabienne SERINA-KARSKY

Pratiques éducatives et bien-être de l'enfant à l'école : la contribution de l'éducation nouvelle (1910-2010) pour un nouveau paradigme éducatif

Lauréate en 2011 de l’Académie des sciences morales et politiques, prix de la Fondation pour le progrès en éducation, Fabienne Serina-Karsky est actuellement enseignante-chercheuse au département Carrières sociales de l’université Paris-Est Créteil (avec statut d’ATER, attaché temporaire d'enseignement et de recherche). Elle consacre sa thèse en sciences de l’éducation aux "écoles nouvelles du XXe siècle en France, histoires et perspectives" à l’université Paris 8-Vincennes. Mouvement international né au tournant des XIXe et XXe siècles, les "écoles nouvelles"concernent autant la transmission des savoirs scolaires selon de nouvelles modalités – les fameuses "méthodes actives" – que l’épanouissement personnel des enfants. Les grandes figures en sont Montessori, Decroly ou encore Cousinet. La thèse étudie les dispositifs mis en place par les enseignants des "écoles nouvelles"pour favoriser la bientraitance des enfants dans le milieu scolaire. Un sujet crucial à l’heure où la violence scolaire s’aggrave, puisqu’il s’agit rien moins que de faire émerger un point de vue sur l’école autre que la stigmatisation. Fabienne Serina-Karsky est en effet convaincue que les pratiques en vigueur dans les établissements se réclamant de l’Éducation nouvelle sont susceptibles de renouveler la réflexion sur la crise contemporaine de l’école et de nourrir l’élaboration d’un nouveau paradigme éducatif pour le XXIe siècle. Nourri d’histoire, de sociologie, de clinique et de psychologie, inspiré de la "pensée complexe" du philosophe Edgar Morin, ce travail de recherche intéresse autant les professionnels de l’éducation que les familles.

Pauline MINJOLLET

Grossesses et tests projectifs

Psychologue clinicienne au service de gynécologie-obstétrique et reproduction humaine du CHI des Quatre Villes, à Sèvres (Hauts-de-Seine) et assistante de recherche clinique dans une unité de recherche RePPer (Recherche en Psychiatrie et en Psychopathologie PÉRinatale), Pauline Minjollet a reçu une bourse de la Fondation Mustela pour son projet de thèse intitulé "grossesses et tests projectifs". Elle se propose d’étudier les modalités psychiques de la grossesse à des fins à la fois exploratoires et cliniques. La gravidité entraîne, en effet, de sensibles changements, sinon des bouleversements, au niveau physique, physiologique et psychologique. Or, ils n’ont jamais été étudiés à travers des tests projectifs tels que le test de Rorschach ou le TAT (Thematic Apperception Test). Ce sont ces outils que Pauline Minjollet privilégiera dans le cadre de sa recherche. Elle les soumettra, durant la grossesse et en post-partum, à une vingtaine de femmes enceintes aux divers profils psychopathologiques, déprimées ou non. Elle comparera également leurs profils à quelque vingt femmes non-enceintes. Elle souhaite ainsi confirmer (ou non) l’hypothèse selon laquelle les femmes présentant des symptômes dépressifs uniquement en postpartum "dévoilent une coloration dépressive aux tests projectifs dès la grossesse". Son travail permettra ainsi de mieux prendre en charge les femmes enceintes.