Lauréats 2019

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Anne-Sophie POLLET

La grossesse et ses risques, une sociologie de la transformation des pratiques en maïeutique en France

Enseignante en maïeutique, Anne-Sophie Pollet consacre sa thèse à « la grossesse et ses risques, une sociologie de la transformation des pratiques en maïeutique en France » (université de Montpellier).

Divers risques font l’objet d’un suivi ou d’un dépistage durant la grossesse : sanitaires, alimentaires et environnementaux. Depuis les années 1970, en effet, les discours sur les risques se sont multipliés, et les initiatives visant à les réduire également, avec par exemple la mise en place des sérologies de rubéole et toxoplasmose ou le premier plan périnatalité lancé en 1972.

Quelles pratiques de suivi prénatal les sages-femmes ont-elles adoptées face aux discours de risque ? Ces pratiques sont-elles influencées par leur milieu d’origine et/ou par le milieu social des patientes ? Et enfin, les femmes enceintes sont-elles des actrices actives de leur prise en charge et sont-elles encouragées en ce sens par les sages-femmes qui les suivent ? Voici les interrogations, liées entre elles, auxquelles vise à répondre la thèse d’Anne-Sophie Pollet.

Pour cela, elle a procédé à des observations directes de consultations et à des entretiens semi-directifs avec plus de vingt professionnelles œuvrant dans les secteurs public, territorial et libéral en région Occitanie, ainsi qu’avec des patientes ou couples reçus en consultation. Plusieurs tendances se dégagent des premiers entretiens menés. Ainsi, le suivi de grossesse est, en ce qui concerne la surveillance biomédicale, « identique pour toutes les femmes sans distinction ». En revanche, les conduites à risque (consommation d’alcool, de tabac, de drogues) sont abordées de manière variable selon les sages-femmes. Des constats préliminaires que la thèse devra étoffer et affiner.

Aurélie RACIOPPI

Les interruptions de suivi dans la prise en charge du diabète gestationnel : approche sociologique

Sage-femme clinicienne à l’hôpital Necker-Enfants malades, Aurélie Racioppi prépare une thèse en sociologie de la santé (université Paris-Diderot) sur « les interruptions de suivi dans la prise en charge du diabète gestationnel : approche sociologique ». Elle souhaite ainsi décrire les « négociations dans la relation soignant-soigné » autour de la prise en charge du diabète gestationnel.

En effet, les enquêtes épidémiologiques révèlent que certains groupes sont davantage exposés au diabète gestationnel : les femmes originaires d’Afrique, avec une prévalence plus élevée (près de 14 % contre 8 % en moyenne), ainsi que les femmes ayant un niveau d’études inférieur au baccalauréat (9,4 % versus 5,6 % pour les niveaux licence et plus) et les ouvrières (11,3 % contre 5,8 % pour les cadres). Or aucune étude ne concerne la qualité des soins dans la prise en charge de cette pathologie.

C’est justement l’influence de ces paramètres – l’origine ethnique et la classe sociale – sur la relation de soin que souhaite étudier Aurélie Racioppi, c’est-à-dire leur rôle dans les représentations subjectives des soignants. Une interrogation d’autant plus intéressante que le soupçon "d’inobservance" des préconisations contre le diabète pèse plus lourdement sur les groupes "à risque" que sur les autres. Au total, la thèse propose « d’analyser en quoi l’usage de la notion d’observance (…) réactualise des rapports sociaux de sexe, de "race" et de classe ; et participe de la (re)production ou non, des inégalités sociales de santé en maternité ». Elle vise aussi à comprendre « comment les femmes enceintes diabétiques contribuent à ces usages et discours autour de l’observance », se les approprient, les ajustent ou s’en affranchissent. La thèse sera nourrie d’observations de terrain dans deux maternités franciliennes, d’une part et d’autre part, d’entretiens sociologiques approfondis avec les soignants et les femmes enceintes diabétiques.